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Social & environnement

Rendre à la haute montagne son aspect sauvage originel

26 juin 2018
Le sort des prestigieuses mais fragiles hautes-montagnes n'est pas seulement entre les mains des grands acteurs économiques et institutionnels. Le grand public, lui aussi, a le pouvoir d'agir pour envisager autrement l'avenir de ses espaces dans les décennies à venir.

Les campagnes de nettoyage des déchets divers en montagne sont bien connues du grand public. Celles de démantèlement des installations obsolètes un peu moins. L'association ‘’Mountain Wilderness’’ en a fait l'un de ses chevaux de bataille. L'unique association nationale de protection de la montagne mène en effet activement cette campagne depuis 2001. Son objectif : rendre aux paysages leur beauté naturelle par le biais de chantiers de démontage d'aménagements abandonnés et montrer la voie aux responsables locaux. « Ce ne sont pas des déchets quotidiens. Il peut s'agir de barbelés, d'anciennes lignes militaires, d'anciens téléskis et autres équipements obsolètes », explique Francine Brondex, biologiste et écologue, membre de ‘’Mountain Wilderness’’.
Les opérations organisées sont menées sur le terrain par des bénévoles. Plus de 1700 se sont déjà mobilisés en 17 ans de chantiers pour 460 tonnes de matériel retirées. « L'expérience est bien davantage qu'écologique, c'est une aventure humaine très forte et fédératrice à laquelle des salariés de la Caisse d'Epargne Rhône Alpes (ndlr partenaire de l'association) ont d'ailleurs déjà participé. » Initiatives bénévoles et individuelles, ces opérations ont amené les professionnels à anticiper, pour tout nouvel aménagement, l'éventuel phase de démantèlement quand il ne sera plus utilisé ou obsolète. « Nous avons milité pour que le financement et les moyens de les retirer soient prévus en amont. » Des démarches de plaidoyer qui ont porté leurs fruits : la loi Montagne de 2016 reconnaît désormais l'obligation de prévoir le démontage des infrastructures liées à l'industrie de la neige (remontées mécaniques et constructions annexes) lorsqu'elles arrivent en fin de vie.

Un message porté sur la Sustainable Summits Conference de Chamonix

Fervente actrice de cette campagne, Francine Brondex a pris son bâton de pèlerin pour aller évoquer à la fois cette expérience et cette nécessité lors de la dernière "Sustainable Summits Conference" qui s'est tenue du 12 au 14 juin à Chamonix. Organisé pour la première fois en Europe, ce grand rassemblement réunit des acteurs des hautes montagnes des quatre coins de la planète pour partager leurs expériences de terrain et proposer des solutions concrètes tant pour contrer les effets des changements climatiques que pour aborder l'évolution des pratiques ou la fréquentation de ces points culminants. « Ces rendez-vous sont essentiels et l'objectif est désormais d'aller encore plus loin avec la création d'un véritable cluster, un réseau permanent qui engage aussi les Etats parce que l'avenir de la haute-montagne, sa protection et sa valorisation ne concernent pas seulement les montagnards ! »  souligne Frédi Meignan, président de l'association.

Dénominateur commun : une candidature du massif du Mont-Blanc au patrimoine de l'UNESCO

Cette grand-messe instructive et plurielle a été close après quatre jours de riches échanges par un discours enregistré de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire qui a exprimé un soutien très fort à la candidature du massif du Mont-Blanc au patrimoine de l'Unesco. « Ce titre serait une grande fierté mais surtout la cerise sur le gâteau pour notre capacité à avoir su travailler tous ensemble pour faire quelque chose d'exemplaire. » reconnaît Frédi Meignan. Les conditions pour que cette candidature soit validée ? « Il faut tout revoir et s'interroger sur ce qu'on continue de faire, ce qu'on développe et ce qu'on arrête. Ce n'est pas à moi de décider mais cela veut dire avoir réglé les problèmes de la pollution dans la vallée, de sur-fréquentation à certains endroits, de bruits et de pollution, aussi, sur les hauteurs, etc... » Un challenge relevé et ardu mais qui anime d'ores et déjà les réflexions et propositions de nombreux acteurs de la haute montagne. « La candidature à l'Unesco est un bon prétexte pour faire quelque chose de beau ! »

Changer d'approche : et si on abordait la montagne sans voiture ?
C'est l'un des autres grands dossiers portés par l'association ‘’Mountain Wilderness’’ et soutenu par le Caisse d'Epargne Rhône Alpes. « Le concept : développer des solutions simples pour redécouvrir la montagne sans voiture, sans stress et sans pollution », indique Frédi Meignan, président de l'association. Plus de 15 000 sorties accessibles en transports en commun ont ainsi été développées et référencées sur le portail changerdapproche.org.
www.changerdapproche.org

‘’Mountain Wilderness’’, l’association nationale de protection de la montagne
Ouverte à tous les amoureux de la montagne, Mountain Wilderness soutient un rapport à la montagne fondé sur le respect des Hommes et de la nature. Le mouvement Mountain Wilderness international, créé en 1987 par les grands alpinistes de l'époque, se décline aujourd'hui dans une dixaine de pays d'Europe et d'Asie. En France, l'association a vu le jour il y a 30 ans. « C'est la seule organisation reconnue d'intérêt public pour la protection de la montagne en France, précise Frédi Meignan, président de l'association depuis près de dix ans. Cela nous donne des responsabilités dans tous les domaines :  des actions concrètes sur les terrains comme les installations obsolètes aux actions  institutionnelles dans les ministères ou les préfectures quand il y a des questions d'aménagement jusqu'aux missions sur l'avenir de nos montagnes. » ‘’Mountain Wilderness’’ s'implique aussi largement sur le sujet crucial de la transition du tourisme : « le modèle qui a façonné les Alpes avec beaucoup de pylônes et d'aménagements lourds a apporté des choses mais on arrive à un point de saturation, voire de régression. Pour les 20 ans à venir, Mountain Wilderness porte la voix d'un tourisme porté par les passions, les savoir-faire humains. » Pour moins investir dans les pylônes mais davantage dans les hommes.
Plus d'infos sur ‘’Mountain Wilderness’’ : www.mountainwilderness.fr / www.facebook.com/MountainWildernessFrance