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Culture & éducation

Le photographe qui était tombé dans le panneau...

1 décembre 2017
Photographe de montagne émérite, Christian Arnal publie cette année son troisième ouvrage consacré aux noms des pistes de ski. Direction la vallée des Belleville pour découvrir, autrement, ces panneaux et leurs histoires avec un regard éminemment artistique et une démarche pédagogique auprès des écoles.

S'il y a 25 panneaux à observer pour sélectionner le meilleur et le plus photogénique, Christian Arnal s'arrêtera devant chacun d'entre eux pour observer le paysage, le contexte et le potentiel artistique... Ce moniteur-photographe professionnel né à Saint-Etienne il y a 57 ans est un passionné. Depuis trois ans, et après avoir consacré des ouvrages aux coulisses des stations et aux moniteurs, il s'intéresse aux secrets des noms de pistes. Après avoir posé son regard sur ceux de Courchevel puis de Méribel, son œil affuté s'est promené sur les 110 pistes de la vallée des Belleville, de 1 450 à 3 200 m d'altitude. « Qu'on soit locaux, sociaux-professionnels ou touristes, on parle tous constamment des pistes, justifie Christian Arnal. On se donne rendez-vous au croisement de deux d'entre elles, on décrypte celles qu'on a skiées, celles où on est tombé, on s'intéresse à celles qui ont évolué, qui étaient plus difficiles « avant »... » Mais qui connaît réellement leurs histoires ?

Mêler héritage patrimonial et regard esthétique
Christian Arnal s'est entouré d'un directeur artistique et d'un rédacteur guide conférencier, David Dereani, pour se lancer dans cette aventure et lui donner vie à travers des livres autoédités. « Je maîtrise tout de A à Z, du choix du sujet, à la réalisation sur le terrain jusqu'à la distribution. Editer un livre, c'est difficile... mais je suis libre». En découle un projet historique et artistique où se mêlent des histoires fortes comme celles de la piste de Jérusalem sur le secteur de St Martin « du nom du hameau voisin qui a abrité pendant la Seconde Guerre Mondiale des Juifs. » à des clichés pris au petit matin dans les traces des pisteurs ou à la fermeture « pour avoir les plus belles lumières de la journée et personne à l'horizon ».

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Nom d'1 Piste déjà programmé pour d'autres stations
Armé de son meilleure allié, le plan des pistes, et constamment à l'affût des prévisions météorologiques, Christian Arnal programme, tout au long de l'hiver, son plan…de bataille. « Certaines pistes n'ont pas de lumière avant mars donc je dois patienter toute la saison. » Un travail méticuleux et engagé qu'il entend bien prolonger ces prochaines années, « avec déjà un prochain opus prévu pour Val d'Isère. » Et la certitude que la portée et l'intérêt sous-estimé des noms des pistes n'en est qu'à ses débuts. « Je suis quasi certain que d'ici quelques années, les stations vont prendre conscience de cette richesse... » Ce troisième ouvrage Nom d’1 piste consacré à la Vallée des Menuires a été imprimé à 2 300 livres, dont 1 800 ont été vendus en pré-ventes.
Nom d’1 Piste, Vallée de Belleville, Christian Arnal, 18 €, 80 pages, http://www.christianarnal.com

Quand l'auteur remet son ouvrage aux enfants
Comme l'an dernier et grâce au partenariat avec la Caisse d'Epargne Rhône Alpes qui finance cette opération, les enfants de cette vallée – pas moins de 392 cette année- se verront remettre gratuitement l'ouvrage « Nom d’1 Piste » en présence des auteurs. Un héritage historique, artistique... et pédagogique : « Le code couleur des pistes et l'alphabet pour les petits locaux s'apprennent autant sur les skis qu'en classe ! Cela participe à leur apprentissage. » Un cadeau d'autant plus précieux que ce livre passera de main en main à la maison, sera feuilleté entre différentes générations et facteur d'échanges. Aujourd'hui, demain... Et après-demain « Les enfants apprécient vraiment cette démarche. C'est rare qu'on leur offre un beau livre et qu'ils aient le droit de le conserver». Comme en 2016, Christian Arnal se prêtera aussi au jeu amusant et parfois déconcertant des questions/réponses. « Plusieurs nous ont déjà demandé comment on faisait pour donner son nom à une piste. Et encore plus drôle, combien cela pouvait coûter ! » Et au photographe de devoir expliquer que certaines choses ne s'achètent pas...